6 – Journal du Nigéria : lettre du 20 novembre 1987

Lettre du 20 novembre 1987

Chère Maman, cher papa

Jean Claude et sa femme nigériane seront nos premiers invités à dîner… ce qui va à l’encontre de tout ce que j’entends. Il parait qu’il est impossible de rencontrer des locaux.  Bien évidemment si on ne les cherche pas…..

Mais nous ne boudons pas non plus les français et les autres et depuis que je peux me lever nous sommes sortis tous les soirs.

Il y a eu l’apéro Michelin à la Guest House. Les femmes assises alignées le long du mur de la salle, un verre de Fanta à la main. Les hommes accoudés au bar levant haut les chopes de bière. J’ai senti que Jacques pourrait bien se faire prendre au piège. Après avoir fait mes politesses sur le cercle extérieur j’ai rejoint le cercle masculin pour boire ma chope de limonade à peine colorée de bière. J’espérais rompre des habitudes qui semblaient bien ancrées. Une dame m’a suivie, une belle blonde qui avait l’air contente de mon initiative. Elle a levé à son tour sa chope bien plus colorée que la mienne.

Suivi un dîner particulièrement barbant réunissant les têtes de Michelin et leurs épouses… barbant, mais barbant, mais barbant… ZZZZZZZZ

Enfin une « party » cosmopolite où nous avons été invités par un italien, un des chefs d’entreprise que j’avais rencontré la veille pour un boulot. Soirée très gaie. Je me suis découverte des capacités à échanger dans des langues que je ne connaissais pas. L’anglais de Jacques lui permet de communiquer avec moins de gestuelle. Il rit moins mais va plus loin dans l’échange.

Les enfants sont vraiment très, très bien. Marion adore sa maîtresse.  Elle est dans une classe qui rassemble une vingtaine d’enfants de maternelle, tous issus des compagnies Michelin ou Elf, les 2 compagnies francophones du coin. Chaque matin je la dépose dans sa salle classe qui est située face à un bras du Niger. Sa maîtresse tatasse avec les mamans sur les bancs en osier face à la vue. Puis la directrice jette un œil et tout le monde s’envole, qui vers la classe, qui vers les voitures.

Quant à Antoine il adore Eno, sa Nani qui le lui rend bien. Dans le quartier tout le monde le connait et il passe réjouit de bras en bras, une banane à la main.

Chaque mercredi les enfants ont un goûter à droite ou à gauche. 20 enfants dans l’école cela fait 20 goûters d’anniversaire dans l’année. Plus ceux des frères et sœurs…. Et quand il n’y en a plus on trouve une autre raison pour les regrouper.

Vous voyez, la vie commence à reprendre.

Bises

Isabelle

 

Posted in 4 ans au Nigéria : la dure école de l'expatriation.

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