Un dimanche comme les autres : bricolage et piano

Papa est en haut qui fait du bricolage… Marion est en bas qui joue du piano…

Ce dimanche après-midi est un dimanche comme les autres : Papa bricole. Cette fois-ci, il a entrepris de démonter la cheminée qui menace de s’écrouler. Perché sur le toit il enlève une à une, les briques anciennes. Jacques en homme soigneux et consciencieux pose chaque brique délicatement afin de ne casser aucune tuile.  Un anneau métallique le gène dans sa progression, mais il ne se laisse pas arrêter pour autant. Cette cheminée branlante doit être démontée. Alors Jacques prend tenaille, scie à métaux, barre de fer et tire, pousse, cisaille, s’arc-que-boute de toutes ses forces jusqu’à que l’anneau métallique cède enfin. C’est alors que la  » chose  » libérée, un énorme conduit en fibrociment débute sa descente…

Deux étages en dessous, Marion répète laborieusement sa leçon de piano. Dong, Dong, Dong, chaque doigt posé avec ennui sur une touche arrache au malheureux instrument un son discordant.  L’œil est plus figé sur l’horloge que sur la partition ; l’oreille est plus attentive à l’avancée des minutes qu’au rythme du métronome … mais Marion consciencieuse comme son père respecte la consigne: répéter un quart d’heure par jour. Enfin elle se relève satisfaite, ses 15 minutes, 0 seconde de matraquage de Chopin sont achevées.

… Jusqu’à ce que…

C’est alors qu’un bruit terrifiant semble venir des cieux.  Dans un vacarme assourdissant le tuyau libéré a déjà traversé le deuxième étage, fracassé un premier plancher. Entrainé par son poids il poursuit sa chute à travers le premier étage, transperce un deuxième plancher et s’affale sur le pauvre piano que Marion vient de quitter. Celle-ci se retourne et regarde hébétée le désastre :  un mélange de gravats et de planches brisées d’où émerge ici et là quelques cordes tordues. Sous cette montagne cataclysmique, le métronome poursuit sa danse et semble rire de l’enfant. Dans son âme de petite fille, Marion craint déjà de se faire gronder. Maman dit toujours qu’il faut respecter les outils ; déjà elle entend ses hurlements. Mais au lieu d’une gifle qui semblerait bien méritée, des bras l’avalent et la serrent la serrent…

Et c’est ainsi qu’une carrière de pianiste fut interrompue.

A tout malheur quelque chose est bon. N’ayant plus de piano Marion gagna 15 minutes de rêvasserie quotidienne et sa carrière de musicienne si mal engagée trouva là sa conclusion.

Posted in L’aventure du chantier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.