La maison folle

Passé l’euphorie il a bien fallu nous rendre à l’évidence. Cette maison n’était pas vraiment conçue pour recevoir une famille. Les enfants qui avaient bien senti qu’elle ne correspondait pas à l’image de la maison classique  l’avaient surnommée  » la maison folle ».

La maison folle où on se perdait…

4 immeubles, 4 escaliers : pour passer d’une pièce à l’autre, il faut descendre l’escalier de l’immeuble A, aller dans la cour et reprendre l’escalier de l’immeuble B. Pour l’immeuble C, c’est un peu plus compliqué…il faut faire le tour du pâté d’immeubles. Et comment laisser un enfant seul dans un immeuble même voisin. Notre premier travail a donc été de faire des trous des passages dans les murs de pierre épais de 60 cm. Nous en avons fait 7 ! Alors en attendant on avait nos repères et les escaliers portaient chacun leur nom. Maman pouvait être dans l’escalier « qui tourne », celui où on n’avait pas le droit d’aller seul,  tandis que Papa se trouvait dans « l’escalier zèbre » … escalier aux marches de bois peintes alternativement en blanc ou en  noir.

Pour un enfant cette maison folle était une immense aire de jeu… mais pas sans dangers.

… mais qui préservait pour chacun son nid.

La seule pièce vraiment habitable était une grande pièce lumineuse celle de l’escalier zèbre, On y logea les plus jeunes. On y accédait de notre chambre par le premier petit passage crée dans le mur.

L’autre espace correct était une petite mezzanine qui surplombait une des cages d’escalier. Harry Potter avant l’heure, un de nos fils y avait élu domicile.

Mais la pièce la plus spectaculaire était bien notre chambre. Les propriétaires précédents l’avaient tapissée d’un tissu noir avec des broderies dorées qui avaient la surprenante forme de spermatozoïdes. Le plafond et le plancher étaient peints en noir. Tout un programme…

… sans nous épargner les courants d’air

« Tirez la chevillette et la bobinette cherra » Lorsque nous avons acheté la maison toutes les portes et fenêtres étaient munies d’un système de fermeture aussi archaïque que celui de Mère Grand. Aucun ne résistait au vent.  Combien de fois avons-nous dû nous lever en plein milieu de la nuit pour fermer une fenêtre dont l’espagnolette avait cédé à une rafale plus forte que la précédente. L’hiver nous calfeutrions la porte de la chambre des enfants avec des chiffons et des boites de polystyrène. Le fameux diagnostic actuel de performance énergétique aurait eu du mal à nous classer … même en G

Maison folle, oui, mais avec une touche de standing

Tout cela ressemblait bien à du camping. La maison folle ne possédait pas de salles de bains et il nous a fallu attendre la création de notre baignoire bateau pour pouvoir vraiment baigner les enfants. Cependant, nous avions notre objet de fierté, hérité d’une vieille tante. Une énorme cuisinière « Rosière » avec 2 fours, 6 feux, un chauffe-plat qui trônait dans la cuisine. Camping, oui mais avec un certain luxe.

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